15 août 

Fête de l’Assomption de la très sainte Vierge Marie

 

 

L’Assomption de Marie est la plus importante de toutes les fêtes mariales pour nous, chrétiens, car c’est le terme de sa vie terrestre et son entrée dans la gloire de Dieu. En tant que ses enfants, donnés à elle par Notre-Seigneur Jésus-Christ au moment de la Croix, nous avons l’espérance de monter, nous aussi, vers le père, vers la vie éternelle dans sa vision béatifique. Dans le mystère de l’Assomption de Marie, l’homme voit aussi se réaliser sa propre destinée.

Cette belle et grande fête est aussi appelée « Dormition de la Vierge Marie », notamment par nos frères d’orient, car la très sainte Vierge s’est endormie sans connaître la corruption de son corps. Elle a été enlevée, attirée vers le Ciel, pour y rejoindre son Fils bien-aimé, Jésus, dans le royaume céleste. Le mot Assomption lui-même vient d’ailleurs du latin « assumer », qui signifie prendre, enlever. La très sainte Vierge fut ainsi « enlevée au ciel », corps et âme.

La place particulière de Marie dans notre religion est due au fait qu’elle a été choisie par Dieu pour former en son sein le Corps du Christ. Elle a été choisie, conçue sans péché, et a ensuite choisi d’accepter librement le rôle auquel Dieu la destinait de toute éternité. C’est par la foi qu’elle a conçu en son sein le Verbe, et Celui-ci s’est formé en elle miraculeusement.

Histoire

On célèbre cette fête dès le IVème siècle, à Antioche, et au Vème siècle en Palestine. Parmi les père de l’Eglise, Saint Ambroise (339-347) nous présente Marie comme le modèle de toutes les vertus, et  Saint Epiphane (315-403) évoque l’Assomption de Marie. Il semble que la date du 15 août ait été choisie en Orient par l’empereur Maurice (582-603) pour commémorer l’inauguration d’une église dédiée à la Vierge montée au ciel. A la suite de saint Grégoire de Tours (VIe siècle), saint Albert le Grand, saint Thomas d’Aquin et saint Bonaventure (XIIIe siècle) ont médité sur les derniers moments de Marie, comme en témoignent leurs écrits théologiques.

Dès les premiers siècles de l’ère chrétienne, la procession nocturne aux flambeaux, pour la fête de 15 août, a été pratiquée dans l’Eglise de Rome. Elle fut supprimée par le pape St Pie V au XVIè siècle.

Au XVIIè siècle, le roi Louis XIII, sans héritier, demande que toutes les paroisses du royaume organisent une procession le 15 août afin que son désir d’avoir un enfant se réalise. Après la naissance de ce dauphin tant attendu, la fête Mariale prit de ce fait une ampleur particulière : le 15 août sera désormais férié, et l’occasion de processions mariales dans tout le royaume.

La Vierge Marie, depuis 1638, sous le règne de Louis XIII, est la Patronne de la France (Sainte Jeanne d’Arc étant la patronne secondaire), ce patronage a été confirmé par le Pape Pie XI (2 mars 1922).

Depuis des siècles, l’Assomption est traditionnellement l’occasion de processions en l’honneur de Marie. Chaque diocèse de France comptant au moins un grand sanctuaire marial, prières, méditations et rassemblements ont lieu, avant ou après la messe du 15 août, partout en France : c’est le cas à Notre-Dame du Chêne, sanctuaire marial de notre diocèse, comme aussi à Lourdes, au Puy-en-Velay, dans les pardons bretons, autour de petites chapelles de montagne… Au cœur de l’été, la fête de l’Assomption est un appel à prendre de la distance avec le quotidien, à remettre notre vie et notre vocation en perspective, à nous élever spirituellement.

Entre 1854 et 1950, le dogme de l’Immaculée Conception, qui affirme que Marie a été conçue exempte du pêché originel, fait débat dans l’Eglise. C’est le pape Pie XII qui tranche en 1950, et donne une définition précise de l’Assomption, qui devient dès lors un dogme institutionnalisé : « …Nous affirmons, nous déclarons et nous définissons comme un dogme divinement révélé que l’Immaculée Mère de Dieu, Marie toujours Vierge, après avoir achevé le cours de sa vie terrestre, a été élevée en corps et en âme à la gloire céleste. »

Le 21 novembre 1964, pour la première fois dans l’histoire, un concile (Vatican II) donne une vision intégrée à l’ensemble des données de la foi des rapports entre Marie et l’Eglise. Jean-Paul II a consacré une Encyclique à la Vierge Marie (Redemptoris Mater – 25 mars 1987). Cette Encyclique, toute entière inspirée par une volonté œcuménique, souligne le rôle de Marie dans la démarche de foi de l’Église et des chrétiens. (…) « Dans l’Église d’alors et de toujours, Marie a été et demeure avant tout celle qui est heureuse parce qu’elle a cru : elle a cru la première »

A Notre-Dame du Chêne

Sanctuaire marial du diocèse du Mans, Notre-Dame du Chêne célèbre avec ferveur cette grande fête de l’Assomption de la très sainte Vierge Marie.

La veille, la procession, statue de la sainte Vierge en tête, part de l’Abbaye de Solesmes en direction de Notre-Dame du Chêne. De nombreux pèlerins et fidèles participent à cette marche ponctuée de chants et de prières en l’honneur de la Vierge Marie. La célébration eucharistique achève cette première partie des festivités, avec la messe de vigile de l’Assomption célébrée à la basilique du sanctuaire.

 

Le lendemain 15 août, la messe solennelle de l’Assomption est célébrée après la récitation du chapelet dans la basilique. Tout au long de la journée se succèdent de grands moments de dévotion à Marie et à son Divin Fils : Adoration du Saint-Sacrement, vêpres solennelles, ainsi qu’un concert de chant sacré « Les Riches Heures le la Vierge Marie. » Un joyeux pique-nique familial réunit tous les participants pour un moment convivial et fraternel.

L’Assomption à Notre-Dame du Chêne est donc une grande et belle Fête mariale, et devient dans la mémoire de chacun de ses participants un souvenir riche en émotions chrétiennes. Une journée « à marquer d’une pierre blanche » pour tous ceux qui veulent s’y joindre.

 

Prière pour la fête de l’Assomption

Aujourd’hui, notre regard doit s’élever
vers le ciel de toutes nos espérances.

Marie, notre sœur Marie, fille de notre terre, est élevée dans la gloire
parce qu’elle est aussi la Mère de notre Dieu.

Marie est la première à pouvoir placer ses pas dans les pas de son fils … Jusqu’au bout du voyage.
Nos chemins, eux aussi, conduisent à la gloire.

Nous ne le voyons pas, mais Marie nous le dit par son Assomption.

Toi, Notre-Dame, consolide en nos cœurs la foi et l’espérance
et remplis-nous de cet amour qui vaincra toute mort le jour de notre propre assomption.

 

Détail d’un vitrail de la Basilique Notre-Dame du Chêne : « l’Assomption »