3ème anniversaire de l’encycliqueLaudato si’

Conférence internationale – Rome, 5 et 6 juillet 2018

Dans sa note conceptuelle présentant la conférence « Sauver notre Maison Commune et le futur de la vie sur terre », le Dicastère pour le Service du Développement Humain Intégral exprimait sa profonde inquiétude sur l’état précaire de la planète, notre maison commune, ainsi que sur l’urgence d’agir en sa faveur.

Cette conférence internationale, suscitée par la parution il y a trois ans de l’encyclique ‘’Laudato si’ ‘’, réunissait des acteurs du monde religieux dont le cardinal Turkson qui présidait la conférence, le métropolite orthodoxe de Pergame Mgr Jean Zizoulas, des Anglicans et des Hindous. Etaient également présents des acteurs de la société civile : gouvernants, dirigeants politiques et citoyens, des acteurs d’institutions financières, économiques, sociales et culturelles, enfin des représentants de groupes plus vulnérables : enfants, jeunes et indigènes.

Au cœur des réflexions, trois mots mettaient en lumière la gravité de la crise écologique : Voir – Juger – Agir. Nous avons vu et écouté la clameur de la terre et celle qui montait du cœur des pauvres indigènes d’Amazonie, des Îles du Pacifique, du Groënland ou de la forêt du Bassin du Congo. Notre réflexion s’est portée sur les critères pour comprendre et répondre de façon intégrale à cette crise, notamment en matière d’éthique, d’économie, de finance et de politique. Finalement, à travers les conférences et les sessions parallèles, le défi de poser des actions concrètes, participatives et inspirant un mouvement de masse pour la sauvegarde de la maison commune a été lancé. Le Pape a renouvelé son appel à changer de paradigme financier pour promouvoir le développement humain intégral, ainsi qu’un développement plus inclusif et durable.

Si la situation est dramatique, plusieurs intervenants ont souligné l’espérance qui doit nous habiter. « Si nous avons créé cette situation, nous pouvons aussi y remédier ». Durant l’audience qu’il nous a accordée, le Souverain pontife disait : « Notre planète a besoin d’être réparée et sécurisée pour un avenir durable. Il y a un réel danger à laisser à nos futures générations des gravats, des déserts et de la saleté. Puis il exprimait son espérance que ces préoccupations aboutissent à « une action organique et concertée », car « l’atténuation des effets du déséquilibre actuel dépend de ce que nous faisons maintenant ». L’humanité a en effet les connaissances et les moyens de collaborer à cette fin, « cultivant et protégeant » la terre de manière responsable. »

La conférence, qualifiée de panthéiste par certains, a bien montré l’aspect universel de l’Église Catholique. La terre est vraiment « La Maison Commune » de toute l’humanité et l’Eglise est le sacrement universel du salut (Lumen Gentium 48). « Les religions, et en particulier les Églises chrétiennes, ont un rôle clé à jouer », a affirmé le Souverain pontife. Le prochain synode des évêques en octobre 2019, consacré à l’Amazonie, pourra être l’illustration de ces nombreux défis.

Cette conférence fait le lien avec plusieurs évènements sur lesquels il est bon que tous les hommes soient engagés : La saison de la création en particulier à Assise du 1 septembre au 4 octobre 2018 ; le Sommet « Global Climate Action » à San Francisco du 12 au 14 septembre 2018, le Synode des Jeunes au Vatican en octobre 2018, la rencontre du Fonds Monétaire International et de la Banque Mondiale à Bali du 12 au 14 octobre 2018, le Synode spécial sur l’Amazonie au Vatican en octobre 2019, et la COP 24 sur le climat à Katowice du 3 au 14 décembre 2018.

Les conférences, l’échange avec le Saint Père, les nombreuses rencontres à notre stand, nous ont nourris et nous sommes repartis avec de nombreuses idées pour développer, avec d’autres acteurs d’écologie intégrale agissant en France, l’Académie pour une Écologie Intégrale ayant son siège à Notre-Dame du Chêne. Tous, nous avons à changer notre manière de penser les choses, à participer à une révolution culturelle et intellectuelle. Nous pouvons davantage apprécier l’histoire dans ce qu’elle a de grand et créer le lieu pour que les générations futures puissent se développer.

Ces quelques expressions retenues sont significatives et peuvent éclairer le compte rendu de cette conférence internationale :
« Soigner le cancer de la terre » (H.J. Schellnhuber).
« Laisser l’huile et le gaz dans la terre » (Pape François).
« C’est plus profitable de faire du bien que de chercher du profit ».
« Pour Hannah Arendt le mot « intérêt » peut renvoyer à l’expression « inter – est » c’est-à-dire « ce qu’il y a entre nous ».
Il vaut mieux cela que « voir ce que cela nous rapporte » (P. Bruno-Marie Duffé).
« Everything is impossible untill it starts » (Nelson Mandela).
« Apprenons à vivre plus simplement pour que tout simplement les autres puissent vivre » (Mahetma Gandhi)