HISTOIRE DE NOTRE-DAME DU CHÊNE

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Chapitre premier :

L’histoire à travers les peintures murales du choeur

Nous sommes en 1494, sur les terres de la province d’Anjou, à un peu moins d’une lieue du village de Vion. Sur la lande se dresse un vieux chêne qui attire l’attention des bergers et des paysans de la région : de nuit, ils voient des feux brillants comme des étoiles en couronner la cime ; le jour, l’arbre est animé par le joyeux manège de colombes, qui voltigent autour de son feuillage, sans jamais s’en éloigner ; et malgré leurs efforts, ils ne peuvent ni les attraper, ni les chasser. Ils se mettent donc à prier autour de cet arbre, qui semble posséder des pouvoirs étonnants.

Jamesburet

Mais James Buret, le curé de Vion, accourt, alerté par la rumeur publique. Il est chargé du salut des âmes de ses ouailles, et leurs pieuses manifestations de piété envers ce chêne ressemblent à s’y méprendre à un retour à l’ancien culte païen qui existait du temps des druides !

Il interroge les uns et les autres et, sans aucun doute poussé par l’Esprit-Saint, il décide de placer dans le tronc même du chêne une petite statuette de la Vierge Marie, afin de détourner les villageois d’un éventuel « faux culte ».

Marie ne tarde pas à faire connaître que c’est bien elle qui a inspiré le geste de l’abbé Buret : Un jeune homme, qui a dérobé un bouquet déposé près de la statuette, est aussitôt pris de forts torticolis. Interrogé par ses parents sur les circonstances de l’apparition de ce mal, il avoue son forfait. Il va remettre en place le bouquet volé, et le mal disparaît aussitôt.

Le petit oratoire

D’après la tradition,  plus d’une fois la statuette aurait été transportée dans l’église paroissiale de Vion, mais toujours, dès le lendemain, elle serait revenue d’elle-même sur le chêne où James Buret l’avait placée. Un très modeste oratoire ne tarde pas alors à s’élever autour de l’arbre. L’’affluence des fidèles devient de jour en jour plus considérable et les prodiges se multiplient.

Connu au départ sous le nom de « Chêne de la Jarriaye »,l’oratoire commence à porter le nom de  Notre-Dame du Chêne dans les premières années du XVIème siècle.

En 1515, un infirme originaire de Juigné se dirigeait difficilement vers la sainte image de la Vierge Marie. Son offrande, les trois cierges, qu’il tenait à la main, s’allumèrent tout à coup d’eux-mêmes.  A cet instant, le malade recouvra sa santé. A la même époque, d’autres guérisons ont été constatées.

1515 : Construction d’une première chapelle

ancienne chapelle

L’oratoire primitif devient trop petit pour accueillir tous les pèlerins. En 1515, un concordat est donc conclu entre le curé de Vion et la fabrique* de cette paroisse pour construire une Chapelle. Le pèlerinage va alors prendre de plus en plus d’ampleur.

*La fabrique désigne les personnes (prêtres et laïcs) impliquées (les fabriciens ou marguilliers) chargées de l’administration des finances affectées à la construction et l’entretien d’une église ou d’une chapelle ; on dit aussi le « conseil de fabrique ».

img_0841-21617 :Appel de Dieu

Elisabeth de Quatrebarbes vient dans la chapelle chercher la lumière sur sa vie. Elle perçoit clairement qu’elle doit entrer au Carmel. C’est pourquoi le peintre a représenté Thérèse d’Avila derrière elle. C’est en 1617 et Thérèse est morte en 1582. Devenue mère Elisabeth de la Trinité, elle deviendra en 1626 la seconde prieure du jeune Carmel de Beaune, en Bourgogne.

Présence de Marie1215_apparition

En 1595, une femme qui ramassait du bois a la vision (ou l’apparition) de Notre-Dame du Chêne au-dessus du toit de la chapelle en ruine. Elle est là ! Elle ne dit rien… Mais sa présence fait comprendre clairement que cette chapelle est sa maison. Elle veut qu’on vienne y prier avec elle, et qu’on la répare et l’entretienne.

p1000551En 1621, la nourrice d’un enfant difforme dont elle avait la garde vient chaque jour, pendant six semaines, prier Notre-Dame de guérir ce petit de ses infirmités. 

Elle obtient finalement la guérison de l’enfant. Bel exemple de foi, de charité et de persévérance ! …

 

 

Au temps des guerres de religion

La chapelle tombe en ruines ; Sur la lande, les enfants viennent s’y abriter quand le temps se fait mauvais. Le Marquis de Sablé,  de passage sur ses terrres, interroge les enfants, qui le renseignent sur la présence de la statuette de Marie dans la chapelle : elle veille sur leurs troupeaux, expliquent-ils !  Il se décide, avec d’autres personnes de haut rang, à verser les sommes nécessaires à la restauration et à l’entretien de Notre-Dame du Chêne.

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La Révolution Française

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Lors de la Révolution française, est décrétée la vente des biens nationaux, dont bien sûr les églises, devenues « hors-la-loi ».

Un couvreur de la région, le citoyen Lefèvre, achète la chapelle avec pour objectif sa démolition.

Hélas, mal lui en prend ! A peine a-t-il commencé à enlever les premières tuiles du toit qu’il tombe de celui-ci  et se fracasse sur le sol. Sans trop de mal semble-t-il, puisqu’il témoigne ensuite qu’une force surnaturelle l’a poussé !

La chapelle reste donc debout. Elle est par la suite rachetée par une dame noble qui en fait cadeau à la paroisse de Vion.

 

Chapitre deuxième :

De la Mission Diocésaine au Sanctuaire Marial

Fin du XIXème siècle

 

En 1860, Mgr Bouvier, évêque du Mans, conçoit le projet d’installer des prêtres missionnaires diocésains à Notre-Dame du Chêne*. Décédé à Rome en 1854, olors qu’il y avait été appelé par le pape Pie XI pour la promulgation du dogme de l’Immaculée Conception, ce sont ses successeurs qui réaliseront ce projet.

Mgr Nanquette, son successeur, annonce le 27 mai 1858 son intention de construire une maison pour y loger les missionnaires diocésains, (devenu de nos jours le centre spirituel) pour animer et surveiller le déroulement des pèlerinages diocésains. Ce nouvel établissement sera béni le 18 septembre 1860 par le vicaire général Heurtebize, qui y installe quatre missionnaire et un chapelain. S’y ajoutera une maison annexe destinée à recevoir deux soeurs de la Providence de Reuillé sur Loir.

En 1869, Mgr FILLION, évêque du Mans de l’époque, envisage de construire une nouvelle église à la place de la petite chapelle. Elle sera terminée en 1872 et deviendra basilique en 1894, soit l’église la plus importante du diocèse après la cathédrale.

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En 1896, pour le huit-centième anniversaire de la première croisade, que le pape Urbain II était venu prêcher dans la région, des pèlerins de Notre-Dame du Chêne décident de partir en pèlerinage à Jérusalem, accompagnés d’une grande croix qu’ils porteront le long des ruelles qui montent au Golgotha, en souvenir de la passion de Jésus. La croix est tirée d’un chêne issu des bois de Parcé et fera par mer le voyage jusqu’en Terre Sainte.

Sur place, ils sont particulièrement impressionnés par les Lieux Saints qu’ils traversent, et tout particulièrement par le Saint-Sépulcre de Jérusalem et la Basilique de la Résurrection dans laquelle il est enchâssé. C’est ainsi que naît l’idée de reproduire cet édicule auprès de la croix qu’ils sont revenus ériger auprès de Notre-Dame du Chêne. Un calvaire constitué de statues « grandeur nature » entoure bientôt la croix, et un parc paysagé de buis, représentant la basilique de la Résurrection, est planté tout autour (voir cette page). Le calvaire et le Saint Sépulcre furent bénis le 8 octobre 1896, en présence de près de 7000 fidèles.

Sepulcre carte postale ancienne

XXème siècle, le Centre Spirituel

A partir de 1967, les prêtres missionnaires diocésains redeviennent curés de paroisses, et la grande maison reste vide.

En 1978, Mgr ALLIX, évêque du Mans, décide de la transformer en Centre Spirituel du diocèse du Mans.

An 1994, pour les 500 ans du pélerinage, Mgr GILSON nomme une nouvelle équipe en remplacement des religieuses, pour gérer le lieu et s’occuper des pèlerins, prêtres et laïcs.

Actuellement, ce sont quelque 70 000 pèlerins qui passent à Notre-Dame du Chêne chaque année pour la prier, la remercier, ou se ressourcer spirituellement.

XXIème siècle

En septembre 2010, Mgr le Saux, actuel évêque du diocèse, appelle la Communauté St jean auprès de Notre-Dame du Chêne. Les frères, au nombre de six actuellement, s’impliquent au rayonnement du sanctuaire par leur liturgie, les formations spirituelles qu’ils dispensent tout au long de l’année, et leur accueil de pèlerins de tous horizons. Ils s’occupent également des paroisses environnantes.